L’histoire en 10 points essentiels

La cave de Cavillargues est la
1re cave vigneronne
créée en vallée du rhône

Fondée en 1914

1. Une naissance dans la tourmente

 

La cave de Cavillargues naît le 22 février 1914, quelques mois avant que l’Europe ne bascule dans la guerre. Quarante et un viticulteurs du village décident de mutualiser leurs récoltes et souscrivent un capital de départ de 25 à 300 hectolitres chacun. Elle fait partie des cinq seules caves gardoises créées avant 1914, à une époque où le mouvement coopératif, né en réaction aux crises viticoles du début du siècle, commence tout juste à s’implanter dans le Languedoc.

 

2. Vendanger sous l’Occupation… de 1914

 

La première récolte se déroule dans un climat lourd : quatre jeunes Cavillarguais meurent au combat pendant les mois mêmes des vendanges. Malgré cela, la cave traite sa première récolte : 582 tonnes de raisin, 3 884 hectolitres de vin et les vignerons du village, coopérateurs ou non, participent à une collecte nationale de vin destinée aux soldats du front.

3. Deux décennies de croissance ininterrompue

 

Entre 1920 et 1938, la production de la cave est multipliée par cinq, passant de 7 000 à 18 000 hectolitres. Le nombre de coopérateurs grimpe à 104 dès 1930, contre 41 à l’origine. La cave s’agrandit à plusieurs reprises pour suivre le mouvement : un développement qui n’est pas propre à Cavillargues : plus de 150 caves voient le jour dans le Gard au cours de ces deux décennies, souvent à son exemple.

4. Une parenthèse sans marché

 

La Seconde Guerre mondiale immobilise le commerce du vin. L’État instaure un organisme de rationnement ; le Ravitaillement général rachète les récoltes à prix fixé. La vente libre disparaît presque entièrement pendant cinq ans. La cave traverse cette période sans à-coups majeurs, mais sans possibilité de se développer.

 

5. L’âge des records

 

De l’après-guerre à 1980, la production quadruple : de 10 000 hectolitres en 1946 à 43 731 hectolitres en 1980, un record qui ne sera jamais dépassé. Le nombre de coopérateurs culmine à 176 en 1979. C’est aussi l’époque de la mécanisation : le sécateur manuel et les « colles » de vendangeurs cèdent progressivement la place aux tracteurs, puis aux premières machines à vendanger, dont la famille Mathieu fait l’acquisition en 1985.

6. Dix ans pour l’appellation Côtes-du-rhône

 

Dès 1947, sous la présidence d’Urbain Mercier, la cave engage une démarche pour obtenir l’appellation Côtes-du-rhône. Il faut constituer un dossier complet : études géologiques, recherches historiques remontant à 1556 dans les archives du village, avant que l’INAO ne rende un avis favorable en 1956.

Le décret est signé le 3 octobre 1957 : une décennie d’efforts qui transforme durablement l’économie du vignoble.

7. L’IGP Pays d’Oc

 

À partir des années 1990, une partie de la production se tourne vers l’Indication Géographique Protégée Pays d’Oc, qui valorise les cépages plutôt que le seul terroir. Cette diversification permet à la cave d’élargir sa gamme : chardonnay, merlot, rosés, sans renoncer à l’exigence de l’appellation contrôlée, qui représente encore 60 % de la récolte en 2013.

8. Des distinctions, sans les avoir cherchées

 

Un vin de Cavillargues est primé dès 1905 à l’Exposition universelle de Liège. Dix ans avant même la création de la cave. En 1928, la cave obtient une médaille d’or à l’Exposition vinicole de Nîmes. Plus récemment, ses cuvées ont été distinguées à plusieurs reprises : médaille d’or du Centre national des jeunes agriculteurs en 1997, puis à Avignon, en Provence et à Mâcon entre 2009 et 2011.

Le caveau vu du ciel :

9. Une centenaire toujours en activité

 

En 2014, la cave regroupe 44 coopérateurs, dont quinze venus de villages voisins, exploitant 375 hectares plantés en grenache, syrah, carignan, cinsault, merlot et chardonnay. Quinze présidents seulement se sont succédé à sa tête depuis 1914, pour un mandat moyen de sept ans. Une stabilité rare, à l’image d’une structure qui a toujours préféré la continuité aux ruptures.

10. Ce qui ne change pas

 

En un siècle, la cave a traversé deux guerres, des crises de surproduction, la mécanisation totale des vendanges et la transformation complète de son vignoble. Les hommes qui l’ont dirigée, eux, se sont succédé : quinze présidents, des centaines de coopérateurs, plusieurs générations de familles vigneronnes. Mais la cave, elle, a continué de tourner, année après année, récolte après récolte. C’est cette continuité, plus que n’importe quel record de production, qui définit le mieux les cent ans de Cavillargues.

* Source : Rémy Arnaud : livre « L’histoire de la cave de Cavillargues », disponible au caveau.

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